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Thème présidentiel

Économie et fiscalité : que proposent les candidats ?

Dette publique, impôts, ISF, flat tax, libre-échange, services publics : les programmes économiques des candidats à la présidentielle 2027 comparés point par point.

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Comprendre le débat économique

L'économie influence directement le niveau de vie de chaque citoyen. Elle détermine les salaires, l'emploi, les retraites, les services publics, les impôts et le pouvoir d'achat. La plupart des autres politiques publiques dépendent également des ressources financières disponibles. C'est pourquoi les débats économiques sont souvent au cœur des oppositions entre candidats.

La France présente des caractéristiques spécifiques : une dette publique d'environ 3 200 milliards d'euros (plus de 110 % du PIB), un déficit public qui dépasse régulièrement le seuil européen de 3 %, et l'un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés des pays développés. Ces données structurent l'ensemble du débat.

La question centrale est simple : qui doit financer les dépenses publiques ? Certains considèrent que les hauts revenus, les grandes entreprises et les patrimoines importants doivent contribuer davantage. D'autres estiment que la France taxe déjà beaucoup, que les dépenses doivent être réduites, et que la croissance économique doit être privilégiée.

Le débat oppose généralement deux visions : plus de redistribution ou plus de compétitivité ; plus de dépenses publiques ou plus de maîtrise budgétaire ; plus d'intervention de l'État ou plus de place au marché. La plupart des candidats se situent quelque part entre ces pôles.

Un point souvent oublié : presque tous les candidats souhaitent davantage d'emplois, de prospérité et de pouvoir d'achat. Les désaccords portent sur les moyens : qui paie, qui reçoit, quelle place pour l'État, faut-il réduire la dette ou investir davantage.

Tableau comparatif

SujetMélenchonTondelierGlucksmannAttalPhilippeRetailleauLe PenBardellaRousselZemmourArthaudDupont-Aignan
SMIC1 700 € nets — indexation inflationHausse modérée — pas de chiffre arrêtéHausse légère progressiveHausse légère par croissanceIndexation légale maintenueFlexibilité — pas de hausse forfaitaireMaintien brut — hausse nette baisse charges patronalesMaintien brut — hausse nette baisse charges patronales1 600 € nets — indexation inflationDéfiscalisation heures sup — pas de chiffre SMICHausse générale — refus de ne viser que le SMICHausse légère — défense pouvoir d'achat PME
Fiscalité hauts revenusForte hausseHausse significativeHausse progressiveStabilitéRéduction cibléeRéductionNeutreNeutreHausseBaisse IS entreprises — neutralité hauts revenusTaxation radicale fortunes et profitsMaintien — réforme ciblée
ISF / patrimoineRétablissement ISF renforcéRétablissement ISFRétablissement partielMaintien IFIMaintien IFIMaintien IFI ou suppressionNeutreNeutreTaxation patrimoine financierSuppression IFI envisagéeTaxation radicale grandes fortunesMaintien IFI — pas de rétablissement ISF
Dette publiqueInvestissement public et vert — pas d'objectif réductionInvestissement vert — trajectoire soutenableRéduction progressive crédibleMaîtrise — pas de hausseRéduction forte — priorité absolueRéduction forte — priorité absolueÉconomies ciblées — réorientation dépensesÉconomies ciblées — réorientation dépensesInvestissement public — trajectoire progressiveRéduction forte — économies sur immigration et fonctionnairesInvestissement public — pas de fétichisme budgétaireRéduction — maîtrise dépenses
Libre-échangeContre dumping social — pour accords bilatéraux ciblésContre sans normes élevéesPour avec normes sociales et environnementalesPourPourPourOfficiellement contre concurrence déloyale — abstention votes parlementairesOfficiellement contre concurrence déloyale — abstention votes parlementairesContre dumping socialProtectionnisme fort — contre dumpingContre libre-échange — internationalisme ouvrierProtectionnisme ciblé — préférence nationale marchés publics
Flat tax PFU 30%SuppressionSuppressionRévisionMaintienMaintienMaintien ou réductionMaintienMaintienSuppressionMaintien — allègement fiscal capitalSuppression — imposition normale du capitalMaintien — pas de position spécifique

Les lignes de fracture

Redistribution forte
Mélenchon
L'économie doit être davantage pilotée par l'État avec une forte redistribution des richesses. Rétablissement d'une taxe sur les grandes fortunes, conditionnement des aides aux entreprises.
Écologie et redistribution
Tondelier
La transition écologique devient l'un des principaux moteurs de l'économie. Investissements verts financés par une fiscalité plus progressive.
Social-démocratie
Glucksmann · Roussel (partiel)
Économie de marché encadrée par un État protecteur et redistributeur. Accords de libre-échange acceptés sous conditions sociales et environnementales.
Centre libéral
Attal
Compétitivité économique, innovation, emploi et maîtrise relative des prélèvements. Financement des nouvelles dépenses principalement par la croissance.
Droite libérale
Philippe · Retailleau
Réduction des déficits, compétitivité et maîtrise durable de la dépense publique. Baisse des impôts sur les entreprises et les investissements.
National-protectionnisme
Bardella · Le Pen
Protection accrue du marché national, priorité nationale dans certaines aides et dépenses, réduction des contributions à l'UE. Réserve sur les accords de libre-échange.

Positions détaillées par candidat

Jean-Luc Mélenchon
La France insoumise
Mélenchon défend une augmentation forte de la contribution des grandes fortunes et des grandes entreprises pour financer les services publics et la protection sociale. Il veut porter le SMIC à 1 700 € net avec indexation sur l'inflation. Il s'oppose au dumping social et à la concurrence déloyale des accords de libre-échange, tout en étant favorable à des accords bilatéraux ciblés avec des garanties sociales et environnementales. Il défend l'investissement public massif, notamment vert, comme levier de transformation de l'économie, en assumant une approche différente de la réduction de la dette.
Marine Tondelier
Les Écologistes
Tondelier place la transition écologique au cœur de son projet économique. Elle souhaite faire davantage contribuer les ménages aisés et certains grands groupes pour financer la transition, les services publics et la réduction des inégalités. Elle défend une planification écologique des investissements publics et critique les accords de libre-échange qui n'intègrent pas de normes environnementales élevées.
Raphaël Glucksmann
Place Publique · PS
Glucksmann défend une économie de marché encadrée : il accepte le libre-échange sous conditions sociales et environnementales, souhaite une fiscalité plus progressive sur les hauts revenus, et recherche un équilibre entre investissement public et contraintes budgétaires. Il veut rétablir partiellement l'ISF et réformer la flat tax sur les revenus du capital.
Gabriel Attal
Renaissance
Attal défend une économie ouverte à la concurrence, sans hausse d'impôts. Il veut financer les nouvelles dépenses principalement par la croissance et des réformes ciblées. Il est favorable au libre-échange, souhaite maintenir la flat tax et l'IFI, et entend maîtriser la dépense publique sans coupes brutales dans les services essentiels.
Édouard Philippe
Horizons
Philippe fait de la réduction des déficits et de la dette sa priorité économique. Il défend une diminution des dépenses publiques, un soutien à la compétitivité des entreprises et un allègement ciblé des charges. Il est favorable au libre-échange et souhaite réduire les prélèvements sur les investissements productifs pour favoriser la réindustrialisation.
Bruno Retailleau
Les Républicains
Retailleau adopte une position similaire à Philippe mais avec une insistance plus forte sur la réduction du poids de l'État. Il souhaite diminuer davantage les dépenses publiques, alléger la fiscalité sur les entreprises et les investisseurs, et réduire le nombre de fonctionnaires. Il est favorable au libre-échange et critique les normes européennes jugées excessives.
Jordan Bardella · Marine Le Pen
Rassemblement national
Le RN défend une réorientation des dépenses publiques au profit des citoyens français. Sur le SMIC, il ne propose pas d'augmenter le salaire brut mais de hausser le net par une réduction des charges patronales sur les bas salaires. Il exprime officiellement son opposition à la concurrence déloyale dans le libre-échange, mais le groupe RN s'est régulièrement abstenu lors des votes parlementaires sur les accords commerciaux. Il souhaite réduire les contributions à l'UE et soutenir le pouvoir d'achat par des baisses de TVA ciblées.
Fabien Roussel
Parti communiste français
Roussel défend une hausse significative du SMIC à 1 600 €, une taxation accrue des grandes entreprises et des patrimoines financiers, et une réindustrialisation soutenue par l'État. Il s'oppose aux accords de libre-échange qui favorisent le dumping social et environnemental. Il souhaite que l'État reprenne le contrôle de secteurs stratégiques comme l'énergie.

Questions fréquentes

Quel est le niveau de la dette publique française ?
La dette publique de la France s'élève à environ 3 200 milliards d'euros, soit plus de 110 % du PIB. Elle génère une charge d'intérêts qui représente l'un des premiers postes de dépenses de l'État. Sa trajectoire est l'un des principaux points de divergence entre les programmes économiques des candidats.
Qu'est-ce que la flat tax et pourquoi fait-elle débat ?
La flat tax (prélèvement forfaitaire unique à 30 %) s'applique aux revenus du capital depuis 2018. Ses partisans soulignent sa simplicité et son effet sur l'investissement. Ses opposants estiment qu'elle avantage les revenus du capital par rapport au travail, soumis au barème progressif pouvant atteindre 45 %.
Que propose-t-on à la place de l'ISF supprimé en 2018 ?
L'ISF a été remplacé par l'IFI (impôt sur la fortune immobilière), qui ne porte plus que sur les actifs immobiliers. Plusieurs candidats de gauche et du centre-gauche proposent de rétablir une taxation plus large du patrimoine financier, sous différentes formes et à différents niveaux.
Qu'est-ce que le protectionnisme économique et qui le défend ?
Le protectionnisme vise à protéger les producteurs nationaux de la concurrence étrangère via des droits de douane ou des normes. Il est défendu par la gauche (protection des travailleurs) et la droite nationale (protection du marché français), mais pour des raisons différentes. Le centre et la droite libérale préfèrent généralement le libre-échange avec des normes environnementales et sociales.
Sources : programmes officiels des partis, déclarations publiques des candidats, données Eurostat, INSEE, Banque de France · Mise à jour : juin 2026