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Thème présidentiel

Éducation : que proposent les candidats ?

Autorité à l'école, effectifs par classe, salaires enseignants, apprentissage : les programmes des candidats à la présidentielle 2027 sur l'éducation, comparés point par point.

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Comprendre le débat sur l'éducation

L'éducation représente l'un des principaux investissements publics de la France. Elle poursuit plusieurs objectifs : transmettre des connaissances, préparer à l'emploi, former des citoyens, réduire les inégalités sociales et favoriser la mobilité sociale.

La question n'est pas celle de l'existence d'un système éducatif public. Presque tous les candidats souhaitent améliorer le niveau scolaire, mieux rémunérer les enseignants et faciliter l'insertion professionnelle. Les véritables désaccords portent sur les moyens : faut-il davantage de discipline, davantage de moyens financiers, davantage de réformes d'organisation ?

Depuis plusieurs années, certaines évaluations internationales montrent des difficultés en mathématiques et des écarts importants entre élèves selon leur origine sociale. Les interprétations divergent. Certains estiment que l'école manque d'autorité, que les exigences ont diminué et que les programmes doivent être recentrés. D'autres considèrent que les effectifs sont trop élevés, que les inégalités sociales pèsent davantage et que les moyens sont insuffisants.

Le débat sur l'autorité structure profondément les positions : la droite met davantage l'accent sur la discipline, les sanctions, le respect des enseignants et la valorisation du mérite. La gauche insiste sur l'accompagnement, la lutte contre le décrochage et les inégalités sociales. La plupart des candidats combinent aujourd'hui les deux approches à des degrés différents.

Tableau comparatif

SujetMélenchonTondelierGlucksmannAttalPhilippeRetailleauLe PenBardellaRousselZemmourArthaudDupont-Aignan
Budget éducationForte hausseForte hausseHausse progressiveRéforme + efficienceRéforme structureRéorientation — pas de hausseRéorientation vers filières nationalesRéorientation vers filières nationalesForte hausseMaintien — réforme pédagogiqueForte hausse — école publiqueMaintien + réforme
Effectifs par classeRéduction forte — objectif 15 élèvesRéduction forteRéduction progressiveRéduction ciblée zones prioritairesOrganisation flexiblePas de position spécifique — souplesseClasses de niveau — pas de cible numériqueClasses de niveau — pas de cible numériqueRéduction forteClasses de niveau — pas de cible numériqueRéduction fortePas de position spécifique
Salaires enseignantsHausse forteHausse forteRevalorisationRevalorisation + mériteMérite + performanceMérite + mobilitéRevalorisationRevalorisationHausse forteMérite — revalorisation conditionnelleHausse forteRevalorisation + mérite
Autorité / disciplineAccompagnement — citoyenneté laïqueAccompagnement — éducation écologiqueÉquilibre exigence/bienveillanceExigence + évaluation nationaleAutorité + mériteAutorité forte + sanctionsAutorité forte + transmission nationaleAutorité forte + transmission nationaleAutorité + égalité territorialeAutorité maximale — lutte islamisme à l'écoleLutte inégalités scolaires — pas de surenchère autoritéAutorité + méritocratie républicaine
Enseignement privéRéduction financement publicRééquilibrageMaintienMaintienMaintienDéveloppementDéveloppementDéveloppementRéduction financement publicDéveloppement — liberté scolaireRéduction forte financement publicLiberté scolaire maintenue
Apprentissage / proValorisé + égalité avec généralValorisé + transition écologiqueDéveloppéPriorité fortePriorité forteDéveloppementValoriséValoriséPriorité industrie et métiers manuelsValoriséÉgalité filières — pas de hiérarchieValorisé — réindustrialisation

Les lignes de fracture

École de l'égalité sociale
Mélenchon · Roussel
Réduction des inégalités comme priorité absolue. Investissement public massif, réduction forte des effectifs par classe, revalorisation importante des enseignants.
École écologique et inclusive
Tondelier
Accent sur l'éducation à l'environnement, la citoyenneté et l'égalité des chances. Davantage de moyens pour les établissements les plus fragiles.
École social-démocrate
Glucksmann
Amélioration progressive du système par davantage de moyens et de réformes. Meilleure formation des enseignants, réduction progressive des inégalités de réussite.
École de la performance
Attal
Évaluation régulière, exigence académique, meilleure gestion des établissements, valorisation du mérite. Priorité forte donnée à l'apprentissage.
École de l'autorité
Philippe · Retailleau
Discipline, transmission des savoirs et restauration de l'autorité scolaire. Retailleau insiste davantage sur les sanctions et l'assimilation républicaine.
École républicaine identitaire
Le Pen · Bardella
Transmission des savoirs, autorité, assimilation républicaine et lutte contre le communautarisme à l'école. Valorisation de l'identité nationale dans les programmes.

Positions détaillées par candidat

Jean-Luc Mélenchon
La France insoumise
Mélenchon défend un investissement massif dans l'école publique : réduction forte des effectifs par classe (objectif de 15 élèves), revalorisation importante des enseignants et lutte prioritaire contre les inégalités scolaires. Il souhaite réduire le financement de l'enseignement privé sous contrat et renforcer la carte scolaire pour favoriser la mixité sociale.
Marine Tondelier
Les Écologistes
Tondelier souhaite renforcer l'école publique tout en développant l'éducation à l'environnement et à la citoyenneté. Elle insiste sur la réduction des inégalités entre établissements, davantage de moyens pour les zones défavorisées et l'importance d'une école inclusive. Elle s'oppose à l'expansion de l'enseignement privé.
Raphaël Glucksmann
Place Publique · PS
Glucksmann veut augmenter les moyens de l'école tout en modernisant son fonctionnement : meilleure formation initiale des enseignants, réduction progressive des effectifs dans les classes les plus chargées, amélioration des conditions de travail et réduction des inégalités de réussite. Il défend une école de la République ouverte à tous.
Gabriel Attal
Renaissance
Attal défend une école de la performance : évaluations régulières dès le primaire, davantage d'exigence académique, meilleure gestion des établissements et valorisation du mérite. Il a porté comme Premier ministre des mesures sur la tenue vestimentaire et le respect. Il fait de l'apprentissage et de l'insertion professionnelle des priorités fortes.
Édouard Philippe
Horizons
Philippe insiste sur les savoirs fondamentaux, le développement de l'apprentissage et le rapprochement de l'école avec les besoins économiques. Il préfère les réformes structurelles à l'augmentation de budget, défend la responsabilisation des établissements et la méritocratie républicaine.
Bruno Retailleau
Les Républicains
Retailleau défend le renforcement de l'autorité des enseignants, la lutte contre le communautarisme à l'école, le rétablissement de sanctions plus systématiques et le recentrage des programmes sur la transmission des savoirs et des valeurs républicaines. Il est favorable au développement de l'enseignement privé.
Jordan Bardella · Marine Le Pen
Rassemblement national
Le RN défend une école de la transmission : autorité des enseignants, lutte contre les violences scolaires, sanctions fermes et recentrage de l'enseignement sur la transmission des savoirs et l'identité nationale. Il souhaite développer les classes de niveau et valoriser les filières professionnelles pour les élèves qui ne se destinent pas aux études supérieures.
Fabien Roussel
Parti communiste français
Roussel défend une école publique forte qui valorise les filières professionnelles et les savoir-faire techniques, souvent dévalorisés par rapport aux filières générales. Il souhaite garantir une égalité réelle entre les territoires dans les moyens accordés aux établissements, et revaloriser fortement les enseignants.

Questions fréquentes

Pourquoi le niveau scolaire français fait-il débat ?
Des évaluations internationales comme PISA montrent des difficultés en mathématiques et des écarts importants entre élèves selon leur origine sociale. Les interprétations divergent : manque d'autorité et d'exigence pour certains, manque de moyens et poids des inégalités sociales pour d'autres.
Faut-il davantage de moyens ou des réformes d'organisation ?
La France dépense déjà plusieurs centaines de milliards d'euros par an pour l'éducation. La droite estime qu'il faut mieux utiliser les moyens existants en réformant les structures. La gauche défend une augmentation des budgets, notamment pour réduire les effectifs par classe et revaloriser les enseignants.
Qu'est-ce que l'apprentissage et pourquoi est-il valorisé ?
L'apprentissage est une voie de formation alternant cours théoriques et pratique en entreprise, qui conduit à des diplômes professionnels. Il a connu une forte expansion depuis 2018 et est présenté comme une réussite par le gouvernement. Certains y voient une valorisation des métiers manuels, d'autres craignent qu'il ne se développe au détriment de l'enseignement général.
Sources : programmes officiels, évaluations PISA, données DEPP · Mise à jour : juin 2026